Un Avare modernisé par Jacques Osinski

lavare

« Ma cassette, ma cassette… » On connaît la réplique. Dans cet Avare-là, Jacques Osinski a décidé de la prendre au sérieux. Évitant les ressorts de la farce, il montre en Harpagon un veuf à la fois terrifiant et poignant qui retient son argent.

LieuArtistic Théâtre
Dates : jusqu’au 3 juillet
Mise en scène: Jacques Osinski
AvecChristine BRUCHER, Clément CLAVEL, Jean-Claude FRISSUNG, Delphine HECQUET, Alice LE STRAT, Alain PAYEN, Thibault VINCON, Arnaud SIMON


Farçesque ?

Ce soir-là, découverte de l’Artistic Théâtre, un lieu qui ne paie pas de mine mais ne manque pas de charme, non loin de la place Voltaire. cafeartistikL’intérieur est cosy, près d’un agréable café-bibliothèque, des élèves se ruent sur les tables et les chaises du bar. Ils sont venus de Rennes pour assister au spectacle, et ont la chance de pouvoir écouter, en introduction, Jacques Osinski. En toute simplicité, le metteur en scène leur explique sa démarche : un Avare comme ils ne l’ont jamais vu. « On est bien loin de la version farçesque de Molière ». Farçesque ? Les élèves froncent les sourcils. « C’est à dire que cela ne correspond pas à l’image à laquelle vous vous attendez » précise Jacques Osinski. Ici, on peut rigoler mais on assistera surtout à une mise en scène profonde de la tyrannie d’un homme, précise-t-il. Silence dans le café de l’Artistik Théâtre, les élèves ne disent rien.

« Ca dure combien de temps ? »

2 heures, « moins long que la version originale ! » rassure Jacques Osinski avant d’accompagner la joyeuse classe vers la salle de l’Artistik Théâtre.

Paranoïaque 

Harpagon (Jean-Claude Frissung) est seul dans un appartement d’assez mauvais goût : avec sa lampe frontale, il arpente la scène droit vers son coffre-fort. Dans cette pièce lugubre, Harpagon  déambule dans une tenue bien éloignée des collerettes de Louis de Funès. Dans ce classique de Molière, Jacques Osinski nous met en exergue avarice mais aussi la tyrannie d’un père qui refuse de transmettre son héritage. Le jeu des comédiens est extrêmement juste, Jean-Claude Frissung est remarquable.  

La mise en scène d’Osinski accentue le côté paranoïaque et presque aliéné d’Harpagon, obsédé par sa cassette, à tel point qu’il se met à nu devant son public. Au voleur ! Au voleur ! Hurle-t-il avec une pointe de démence. 

La salle est bouche-bée, puis les élèves rient. Il y avait quand même un peu de farce dans ce Molière revisité. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *