Dans 1h22 avant la fin, Kyan Khojandi et Eric Elmosnino forment un duo uni jusqu’à la dernière minute. L’un est un dépressif anonyme, l’autre la Mort qui vient le chercher. 

1h22 raconte la rencontre improbable entre un homme et son destin. Bertrand avait prévu son départ, organisé depuis assez longtemps. Aujourd’hui, il va mourir. Ou plutôt, il va mettre fin à ses jours. Bertrand n’a pas de raison de vivre ni d’aimer, personne ne l’attend le soir dans son appartement aux couleurs ternes. Il n’a pas de passion dans la vie, n’aime tout simplement plus vivre. Aujourd’hui, Bertrand va sauter par la fenêtre. Enfin, jusqu’à ce qu’un étrange individu sonne à sa porte et entre chez lui avec un pistolet. La Mort est venue le tuer. Cette curieuse entrée en matière va inverser la tendance : souhaite-t-on toujours mourir lorsque l’on n’est plus maître de son destin ? Comment expliquer que l’on souhaite mettre fin à ses jours ? S’en suit une discussions pseudo-philosophique sur la vie et la mort, ponctuée de quelques notes d’humour. 

La pièce de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière doit beaucoup à son casting. Difficile exercice pour ces deux scénaristes de faire mieux que Le Prénom. Le charisme d’Eric Elmosnino est indéniable, le rôle de la Mort lui va à ravir. Kyan Khojandi, le célèbre « mec de Bref » devenu humoriste, est moins à l’aise dans cet exercice. La pièce n’est pas aboutie : le sujet donnait pourtant matière à réflexions philosophiques. Les dialogues sont légers, un peu longs par moment. La réflexion sur la vie et la mort reste en surface et la romance naissante entre Bertrand et sa voisine aussi suicidaire (Adèle Simphal) ne prend pas. Finalement, le ton n’est pas assez léger pour être drôle et pas assez sérieux pour parler en profondeur de l’envie de mourir et de la détresse de ces personnages. On ne passe pas un mauvais moment, mais on sort un peu déçu. 

1h22 avant la fin 
De Mathieu Delaporte et Alexandre de la Pattelière 
Avec Kyan Khojandi et Eric Elmosnino
A la Scala jusqu’au 31 mars 2022