Tout juste entré au répertoire de la Comédie Française, Poussière est un texte du poète et romancier suédois Lars Norén. Écrit sur mesure pour les comédiens du Français, ce texte sur la vieillesse met en lumière des portraits de onze personnes âgées qui affrontent les dernières vacances de leur vie. 

Dans un décor plein de vide, on a du mal à s’imaginer sur un lieu de vacances. Ce sont les vacances de la mort, celles qui les réduiront en poussière. Si la psychologie des personnages est profonde, la complexité des dialogues (qui n’ont parfois volontairement pas de sens) casse la fluidité de la pièce. On a l’impression d’être en plein milieu d’un hôpital psychiatrique (plus que dans une maison de retraite d’ailleurs). Vieillesse et démence sont-elles forcément liées ? Il semblerait que oui pour Lars Norén. Ses personnages, en plus d’être ravagés par l’âge, le sont par la vie. Ce n’est pas une vieillesse dorée qu’il nous offre à voir. Mais une vieillesse brisée par le temps, rongée par la maladie et les remords. Une vieillesse qui fait peine à voir. 

« Il y’a de plus en plus de silence dans mon écriture » précise Lars Norèn

Un silence pesant. Deux heures de dialogues de vieux séniles et fous, il faut avouer que c’est long. Si le réalisme est à son paroxysme, c’est peut-être au détriment de la compréhension du spectateur perdu dans tous ces éléments textuels et scéniques. Mais les comédiens du Français (dont les impressionants et remarquables Hervé Pierre, Dominique Blanc et Anne Kessler) sont incroyables, méconnaissables et vrais. 

Poussière dérange, questionne, ne laisse pas de marbre. C’était peut-être l’effet escompté par Lars Norén. Donner de la vieillesse un portrait froid et cruel. Une chose est sûre : c’est une pièce qui ne donne pas envie de vieillir.