En Italie, au début du XVIIe siècle, Galilée braque un télescope vers les astres, déplace la terre, abolit le ciel, cherche et trouve les preuves qui réduisent à néant les sphères de cristal où Aristote et Ptolémée avaient enfermé le monde. Il fait vaciller l’ordre de l’Église. L’Inquisition lui fera abjurer ses théories. 

Dans un de ses textes les plus célèbres, Bertolt Brecht n’oppose non pas la science à la religion, mais la vérité à l’obscurantisme. Si la Terre n’est plus le centre de l’univers, comme le soutient Galilée et l’avait soutenu Copernic, alors c’est toute la construction idéologie de l’homme qui s’effondre. C’est la représentation de l’Homme qui est remise en cause, plus qu’un système scientifique. Ce texte écrit à l’aube de la seconde guerre mondiale est aussi une mise en garde contre l’utilisation de la science. Le « flambeau de la science » ne doit pas être confié à n’importe qui. C’est sur ces mots que cette pièce, résolument moderne, se conclue.

Dans cette mise en scène très cinématographique, signée Claudia Stavisky, les comédiens brillent. Philippe Torreton est d’une impressionnante justesse. On assiste à ces quinze tableaux avec stupeur et émotions. La pièce pourtant assez longue (plus de 2 heures) file à toute vitesse. Le spectateur est transporté par cette course à la vérité et par l’excellence de l’ensemble des comédiens. Mention spéciale au très jeune Mathias Distefano qui incarne parfaitement le jeune Andrea, poulain de Galilée.

Claudia Stavisky signe une très belle mise en scène de ce texte en résonnance avec l’actualité. A voir absolument à la Scala.

La Vie de Galilée à la Scala
Mis en scène par Claudia Stavisky
Avec Philippe Torreton, Gabin Bastard, Frédéric Borne, Alexandre Carrière, Maxime Coggio, Guy-Pierre Couleau, Matthias Distefano, Nanou Garcia, Michel Hermon, Benjamin Jungers, Marie Torreton