Cookie Mueller est une des figures de l’avant-garde new-yorkaise que tout le monde aurait aimé connaître. Conteuse, gogo-danseuse, muse de grands photographes ou encore chanteuse, rien ne laissait présager un destin aussi tragique pour cette égérie de la contre-culture américaine. Adaptée du roman éponyme, la pièce de Justine Heynemann nous dévoile les meilleurs facettes de Cookie Mueller. 

Génération libérée

A peine entré dans la salle de spectacle, on est déjà happé par le charisme de Cookie (Eléonore Arnaud). Sans retenue, elle se présente au public. Son caractère bien trempé, sa détermination et surtout ses milles vies font de Cookie Mueller un personnage incontournable de l’époque. On s’attache très rapidement à cette forte personnalité, jeune maman aimante et pourtant addict à l’alcool et à la drogue. Elle était l’incarnation de la liberté et de l’indépendance, un esprit aussi libre qu’inconscient. Cookie, c’est aussi le symbole de toute une génération à la fois libérée et prisonnière des terribles années sida. A tout juste 40 ans, après avoir flirté toute sa vie avec la passion, le plaisir et les risques, elle voit sa vie s’arrêter brutalement. 

Cookie Mueller, flamme parmi les étincelles 

Eléonore Arnaud incarne Cookie Mueller à la perfection. D’un charisme indéniable, elle campe son personnage avec autant de folie que de justesse. Justine Heynemann (metteur en scène) précise qu’Eléonore Arnaud a surgi comme « une évidence » pour ce rôle. Une évidence qui fait l’unanimité : la comédienne est d’une singularité déconcertante. A ses côtés, le prometteur Valérian Béhar-Bonnet donne à ce spectacle une note toute particulière. Il l’accompagne en musique sur toute sa trajectoire de vie : d’un club de strip-teaseuse à une autoroute désertique. Il joue aussi la mère, le speaker, le fils… Toutes ces personnes qui ont fait de Cookie Mueller ce qu’elle est devenue, une flamme parmi les étincelles. 

La mise en scène et les costumes sont à la hauteur de la thématique : extravagants et underground. Cookie Mueller est une icône aux Etats-Unis, une relative inconnue du grand public en France. Ce petit bijou de théâtre donnera l’envie à plus d’un de lire Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir

© Léa Comelli

Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir
Avignon off au Train Bleu à 22h30  
Mise en scène : Justine Heynemann
Avec Eléonore Arnaud, Valérian Béhar-Bonnet
Traduction : Romaric Vinet-Kammerer
Adaptation : Justine Heynemann, Eléonore Arnaud
Scénographie : Marie Hervé
Lumières : Fouad Souaker