Wonder.land : du Lewis Carroll 3.0 au Théâtre du Châtelet

wonderland

 

Neuf ans après l’opéra pop Monkey, Journey to the West (2007), le compositeur pop-rock britannique Damon Albarn retrouve la scène du Châtelet pour la création française de wonder.land, un nouveau musical 2.0 inspiré des Aventures d’Alice au pays des merveilles. Le Châtelet poursuit sa mission de création d’œuvres musicales hybrides avec un nouveau musical rock qui, comme le livre dont il s’inspire, s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants (à partir de 10 ans).

Wonder.land jouait jusqu’au jeudi 16 juin au Théâtre du Châtelet à Paris.
http://chatelet-theatre.com/


 

Who’s ruining my life ? Aly (Lois Chimimba) est une ado comme les autres. Cloîtrée dans sa chambre à pianoter sur ses écrans, elle répond insolemment à sa mère qui lui « gâche la vie », encaisse les problèmes d’argent et d’addiction de son père et jalouse son petit frère Charlie. « Who’s ruining my life ? » s’écrit-elle en chanson. Comme de nombreux jeunes de son âge, Aly n’aime pas sa vie et ne s’aime pas elle-même. Elle se pose des questions existentielles, subit les critiques de ses camarades de classe, se réfugie sur les réseaux sociaux. C’est en tapant sur son précieux smartphone « être quelqu’un d’autre » qu’elle tombe sur le site www.wonder.land, un jeu en ligne mystérieux dans lequel elle incarnera son personnage rêvé : Alice.

« Quand Alice rentre dans cette maison, dans ce rêve, toute rationalité est abolie ». Damon Albarn.

Avatar. Aly veut être Alice, dans son monde virtuel. Elle se crée alors un personnage made in Lewis Carroll, petite blonde à la robe bleu et blanche.  Cette Alice sera son avatar, une représentation d’elle-même dans son jeu en ligne. Dans cette aventure aux allures de jeu vidéo, Aly/Alice devra répondre à une question essentielle « Qui je suis ? » (faisant écho au « Who are you ? » posé par la chenille Absolem à Alice dans le livre). Une quête d’identité qui s’annonce d’autant plus difficile que la tyrannique directrice de son école, Mrs Manxome, va vite s’emparer du jeu et s’approprier wonder.land.

The cast of wonder.land_credit Brinkhoff_Mögenburg
Crédit : Brinkhoff Mögenburg

Pays des Merveilles 3.0. Le wonderland de Lewis Carroll est totalement revisité dans cette mise en scène ultra-moderne. Ici, wonder.land est un lieu virtuel où se cachent créatures pixellisées et personnages imaginaires. Mais loin d’être dénaturé, l’univers de Carroll est bien présent : la marre de larmes d’Alice,  la chenille Absolem, le célébrissime Lapin Blanc et le Chat de Chester ont leur place dans ce Pays des Merveilles 3.0.  Toute l’intelligence de ce Alice revisité réside dans la modernité du sujet traité. Sentiment d’isolement, mal-être et complexes, recherche d’identité…  Là où Lewis Carroll, dans Alice through the looking glass, utilisait un miroir comme échappatoire, Moira Buffini, Ruffus Norris et Damon Albarn choisissent un medium actuel, internet.

Dans cette version contemporaine du Alice in Wonderland du XIXe siècle, les auteurs soulèvent  une question essentielle sur la jeunesse actuelle et sur le rôle important du numérique dans la quête d’identité. Un Alice Rock’n’roll et moderne, tout en beauté.


Teaser de Wonder.land

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