Le déni d’Anna : une drôle de mort au Lucernaire

Le déni d’Anna nous offre un tableau burlesque de la vie face à la mort. C’est l’histoire authentique et émouvante d’une famille emportée par le doute et la peur de vivre sans l’autre, et dont les réactions peuvent faire rire et pleurer. Une belle histoire racontée en musique avec beaucoup de justesse.

Le déni d’Anna : un drame familial

Sur une affiche aux couleurs de l’été, une famille comblée se tient la main. Le soleil est à son zénith, mais quelques nuages encombrent ce chaleureux dessin. Un drame familial est sur le point de se produire. Au centre, un personnage est grossièrement barré au trait noir. Ce personnage dont on entendra que brièvement la voix, c’est Anna. Emportée brutalement, la défunte mère de famille laisse derrière elle un mari aimant, deux enfants en bas âge, une mère-poule et un frère. Comment faire face au départ de ceux qu’on aime ? Faut-il oublier pour ne plus y penser ? Dans cette famille, chacun a sa stratégie pour affronter le pire.

Famille décomposée

« Faire la grimace au drame », voilà ce que cherche Isabelle Jeanbrau en écrivant Le déni d’Anna. Dans cette pièce, on retient en premier la figure de François, le père (interprété par l’excellent Benjamin Egner). Pour faire face au décès de sa femme, François manie sa vie à la baguette tel un chef d’orchestre. Tout est réglé, calculé, réalisé avec un souci du détail et sans l’ombre d’une faiblesse sentimentale. Une attitude en opposition complète avec le chagrin assumé de la grand-mère (la mère d’Anna, Cécile Magnet) dont les états d’âme permanents angoissent et agacent. Au coeur de cette famille décomposée, il y a aussi deux enfants, dont les paroles sont inexistantes lorsqu’on les confronte à la mort de leur mère. De leur silence naîtra plus tard une révélation. A chacun sa manière de vivre la mort : certains se noient dans des obsessions futiles, d’autres ne retiennent pas leurs larmes, les derniers se taisent. 

Le théâtre d’un silence musical

Dans cette pièce, la mise en scène et la musique ont une place bien orchestrée. Les cris laissent place, de temps à autre, à un silence pesant. Un silence qui en dit long sur les non-dits de cette famille. A d’autres moments, les intermèdes musicaux viennent exprimer ce que les mots ne peuvent : la colère des enfants, les souvenirs d’une mère, les regrets d’un mari. Devant nous, la vie défile et continue, malgré la mort. 

Pièce émouvante à l’humour (noir) délicat, Le déni d’Anna fait s’esquisser des sourires et s’écouler quelques larmes dans la salle. A voir au Lucernaire.  


Lieu : Théâtre du Lucernaire
Auteur et metteur en scène : Isabelle Jeanbrau
Avec :  Benjamin Egner, Catherine Huguenin ou Sandra Parra, Matthias Guallarano, Thibaut Wacksman,
Musique : Daniel Jea, Cécile Magnet  / France Cartigny ou Bertrand Noël ou Maxime Aubry
Dates : à partir du 15 mars 2017

Bande-annonce de la pièce

 

One thought on “Le déni d’Anna : une drôle de mort au Lucernaire

  1. Très belle pièce en effet ! On sourit, on pleure ! Bref c’est la vie en somme et on se reconnaîtra tous dans au moins un des personnages !

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