Nicolas Briançon signe une mise en scène rythmée d’un classique du vaudeville à l’anglaise, Le Canard à l’Orange de William Douglas Home. Fort d’une distribution efficace et de rebondissements amusants, ce Canard à l’orange a bon goût.

On peut se lasser du vaudeville, de l’humour potache et des comiques de situation évidents. Pourtant, dans cette histoire burlesque, Nicolas Briançon brille. Il est dans la peau Hugh Preston, un animateur vedette de la BBC qui découvre un soir que sa femme le trompe et s’apprête à le quitter. Il met donc en place un savoureux stratagème pour la reconquérir : inviter l’amant pour le week-end, feindre un adultère avec sa secrétaire. Objectif ? Se faire prendre en flagrant délit par sa gouvernante et ainsi récolter tous les torts du divorce, pour arranger sa femme, soit disant.

Aucune fausse note dans le casting. Nicolas Briançon est d’une rare éloquence en mari trompé et un poil fantasque. François Vincentelli, l’amant excentrique à l’accent belge, parvient à ne pas tomber dans le « trop » burlesque. Il fait la cour, non sans ridicule, à Anne Charrier, la femme de Hugh. Alice Dufour et Sophie Artur sont excellentes en secrétaire sexy et en gouvernante insolente. Dans un décor chargé et volontairement poussiéreux, les scènes d’amour-haine s’enchaînent bien. Certaines répliques sont détonnantes, d’autres un peu prévisibles. Le tout fonctionne bien, et fait passer un savoureux moment. A voir au théâtre de la Michodière. 

Le canard à l’orange au Théâtre de la Michodière
Une pièce de William Douglas Home
Mise en scène par Nicolas Briançon

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