Valentine, jeune adolescente de 15 ans, a disparu. C’est Lucie qui est chargée de la retrouver. Jeune détective légèrement paumée, elle décide de faire appelle à La Hyène, détective aux méthodes parfois discutables mais redoutablement efficaces. La Hyène, c’est ce personnage charismatique et mystérieux qu’on retrouve aussi dans Vernon Subutex. Une lesbienne assumée et légèrement barrée, brutale par moments, mystérieuse toujours. Dès les premières minutes de la pièce, l’effet ne prend pas, La Hyène n’est pas celle qu’on s’était représentées en lisant les bouquins de Despentes. Trop caricaturale peut-être, dans sa tenue et son allure.

« Apocalypse bébé
renferme une dimension politique : un regard visionnaire sur
une époque qui évolue à grande
vitesse »

Selma alaoui

Fidèle au texte, la pièce est prenante. On suit avec enthousiasme les aventures, de Paris à Barcelone, de Lucie et de La Hyène à la recherche de l’adolescente en fugue. La mise en scène est proche de l’univers de Despentes : choc, trash, déjantée. Dans cet univers mi-sombre mi-pailleté, on est assez vite transporté. Emu même, par l’histoire de cette jeune fille qui prend aux tripes. Qu’on connaisse ou pas le monde de Virginie Despentes, cette histoire d’une descente aux enfers est aussi dérangeante que criante de vérité. Final apocalyptique : on en ressort sonné. C’était sûrement l’effet escompté.

Apocalypse Bébé
Jusqu’au 28 mars au Théâtre Paris Villette
d’après Virginie Despentes mise en scène et adaptation Selma Alaoui
avec Maude Fillon, Ingrid Heiderscheidt, Nathalie Mellinger, Achille Ridolfi, Éline Schumacher, Aymeric Trionfo, Mélanie Zucconi