Katia et Justine tombent amoureuses. Un amour difficile qui révèlera les blessures des deux amantes et de leurs familles. Après les triomphes d’Edmond, du Cercle des illusionnistes et du Porteur d’Histoire, Alexis Michalik signe pour la première fois un mélodrame puissant.

A voir absolument à la Scala jusqu’au 28 mars.

C’était le spectacle attendu de ce début d’année. La salle est comble pour Une histoire d’amour, nouvelle création du prodigieux Michalik. Si le genre est différent de ses précédentes pièces, on y retrouve la touche du metteur en scène. Un scénario qui s’enchaîne à la vitesse d’un film, des rôles multiples pour chaque comédien, un savoureux mélange de performances scéniques.

L’histoire peut paraître banale, voire un peu trop mélodramatique. Katia et Justine s’aiment. L’une, plutôt hétérosexuelle mais tombée sous le charme de Katia, veut un enfant. Katia est réticente, raconte ses blessures d’enfant battue par son père. Elles font cet enfant tant désiré mais se séparent. Justine refait sa vie avec un homme mais Katia ne s’en remettra jamais. Elle et son frère William sont écorchés par la vie. William boît, ne se remet pas du deuil de sa femme perdue dans un tragique accident de voiture. Katia se bat contre un cancer avec sa fille. En suivant les trajectoires inégales de ces personnages, on passe du sourire aux larmes. Il y a ceux qui se battent, ceux qui survivent, et ceux qui vivent. Il y a forcément un peu de nous dans cette famille. C’est finalement ce qui fait la force de ce scénario un peu « too much » sur les bords : on est transportés par la mise en scène et par la tragique réalité de ces histoires qui s’entremêlent.

Alexis Michalik est remonté sur scène pour interpréter William, le frère dépressif et écrivain déchu. Le rôle lui va à merveille, tout comme les rôles de Pauline Bression, Pauline Delavroix, Marie Camille Soyer et la toute jeune Violette Guillon. Un casting minutieux et efficace. « Nous allons rire de leur détresse, nous allons pleurer avec eux » annonce le metteur en scène dans sa note d’intention. Force est de constater que c’est le cas. La salle est debout, les yeux pleins de larmes et le sourire aux lèvres.
Standing ovation pour Alexis Michalik. Un pas de plus vers de nouveaux Molières.

Une histoire d’amour
Texte et mise en scène Alexis Michalik
A la Scala jusqu’au 28 mars 2020.