Dans Charlotte, Muriel Coulin raconte la vie de la jeune artiste allemande Charlotte Salomon. Elle s’inspire de ses textes, peintures et ébauches, et du roman de David Foenkinos, pour dresser le portrait vivant d’une jeunesse assassinée. 

Charlotte Salomon a vingt ans en 1937. C’est une artiste en devenir, torturée par des désastres familiaux, déstabilisée par une guerre sans pitié. Dans l’adaptation de Muriel Coulin, la mélancolie s’installe très vite. Sur scène, ce n’est pas qu’une simple pièce de théâtre qui se joue. C’est tout un univers musical et peint qui se déploie. Entre deux peintures, on assiste à la descente aux enfers d’une jeune fille dont toute la famille a été traumatisée par une suite de suicides.  Charlotte voit le monde autrement, elle lutte contre sa destinée grâce à la peinture, dans une douce mélancolie. 

Il y a quelque chose de naïf chez elle, une note d’enfance qui semble ne jamais s’estomper. Elle fuit plusieurs réalités : sa réalité familiale, et la réalité de la guerre contre les juifs. Quand les ténèbres approchent, elle tente de ne pas sombrer en créant « quelque chose de fou et singulier ». Elle utilise l’art comme exutoire.

Avant d’être déportée, la jeune artiste confie son oeuvre à son médecin : « C’est toute ma vie. »

L’intelligence de cette adaptation, c’est également d’en avoir fait un objet singulier. Nous ne sommes pas là devant une simple relecture du livre de Foenkinos. Nous sommes devant un véritable objet de création, mêlant le spectacle vivant à la peinture, la poésie et la musique.

Charlotte au Théâtre du Rond Point
Une libre adaptation de Charlotte Salomon et Charlotte de David Foenkinos
Conception et mise en scène de Muriel Coulin sur une idée d’Yves Heck
Du 8 janvier au 3 février