Coupures aborde la place que le public occupe, ou plutôt celle qu’il n’occupe pas, dans le débat démocratique. Frédéric est maire d’une toute petite commune rurale. Ecologiste, très engagé et proche de ses habitants, il se retrouve confronté à un dilemme politique : installer ou non des antennes-relais dans sa commune. 

L’impact des choix

Samuel Valensi avait déjà séduit son public avec L’inversion de la courbe, un spectacle sur la frénésie du travail, le productivisme et le burn-out. Déjà profondément engagé, ce spectacle rythmé et moderne était déjà une réussite. Dans Coupures, l’écriture et la mise en scène impressionnent. Si le volet immersif de la pièce n’est pas forcément  abouti et n’est placée qu’en début et qu’en fin de spectacle, la thématique questionne. D’ailleurs, c’était probablement l’effet escompté : questionner le public sur l’importance de sa voix. A-t-on toujours le choix quand on est un homme politique ? Est-ce que notre voix compte en tant que citoyen ? Quel est l’impact de nos choix ? 

Un texte engagé et moderne

C’est une pièce qui fait réfléchir : sur les enjeux écologiques d’abord, mais aussi sur les difficultés de gestion d’une petite ville. Frédéric, le maire, se retrouve confronté aux revendications de ses habitants, aux conseils parfois peu éthiques de son conseil municipal, à la pression de la préfecture mais surtout, à sa propre vie. Il doit faire le choix entre le collectif et l’individuel, quand l’issue est parfois la même. Le texte est engagé, moderne. La pièce est rythmée, les comédiens sont excellents. Ils enchainent les rôles à grande vitesse, se transforment de conseilleurs municipaux en VRP. 

Le spectacle est signé par la compagnie La Poursuite du Bleu, une équipe profondément engagée qu’on ne peut qu’apprécier. A voir au Théâtre de Belleville jusqu’au 29 janvier. 

Coupures 
Jusqu’au 29 janvier au Théâtre de Belleville 
Une pièce de Samuel Valensi et Paul-Eloi
Avec June Assal, Michel Derville, Lison Favard, Paul-Eloi Forget, Valérie Moinet et Samuel Valensi