Le rêve d’un homme ridicule : entre réalité et fiction

le rêve d'un homme ridicule au théâtre de poche
Lassé du monde, le héros de ce conte fantastique cherche une alternative à la société corrompue qui l’entoure. Adaptation du roman de Fiodor Dostoïevski publié en 1877, cette pièce explore avec modernité les frontières perméables entre rêve et réalité.

Lieu : Théâtre du Poche-Montparnasse
Dates : jusqu’au 27 février
Mise en scène : Olivier Ythier
Avec : Jean-Paul Sermadiras


Souffrance

Dans la pénombre, un homme s’avance. « Je suis un homme ridicule. Maintenant, ils disent que je suis fou » s’exclame-t-il. Cet homme n’a pas de nom. Le visage blême, vêtu d’un long manteau sombre, il a l’air désespéré. A sept ans déjà, il savait qu’il était ridicule et que le monde se moquait de lui sans même savoir qui il était. Rongé par une souffrance palpable, l’homme n’a qu’une envie : celle d’en finir.  

 « Je suis un homme ridicule. Maintenant, ils disent que je suis fou. Ce serait une promotion, s’ils ne me trouvaient pas toujours aussi ridicule. Mais maintenant, je ne me fâche plus, maintenant je les aime tous, et même quand ils se moquent de moi. »

Alors qu’il s’apprête à mettre fin à ses jours et après avoir renoncé à aider une petite fille en détresse, il tombe dans un profond sommeil. Avachi dans son fauteuil Voltaire, l’homme semble transcendé par son imagination. Puis, au fin fond de ses songes, il se retrouve face à face avec une communauté d’apparence parfaite, qui ne connait ni guerres, ni lois. Une communauté qu’il va, par sa simple présence, corrompre.

Le rêve d’un homme ridicule est une pièce qui interroge de nombreuses thématiques : l’existence, le désespoir, le suicide, les maux de la société contemporaine. Dans son interprétation, Jean-Paul Sermadiras est totalement habité par son personnage. Il joue avec force et tourment cet homme mystérieux de Dostoïevski.

Quand le réel croise l’imaginaire 

La mise en scène d’Olivier Ythier (avec la collaboration artistique du sociétaire de la Comédie Française Gilles David) renforce l’impression de tourment et d’oppression installée par le jeu de Jean-Paul Sermadiras. Au fur et à mesure de la pièce viennent des jeux de lumières et de sons. Le texte est court mais la sensation de tension n’en est que plus intense. On plonge avec ce personnage, au plus profond de ses doutes et de ses tourments. Le réel et l’imaginaire se croisent et se décroisent. Dans son rêve, l’homme est face à une triste réalité : celle d’une société sclérosée par les vices. Entre la vie et la mort, de la vérité à la fiction, le spectateur est transporté par ce récit.

En une petite heure, Jean-Paul Sermadiras et Olivier Ythier signent une pièce à la fois simple et puissante. 

Written by CharlotteHenry
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