Politiquement correct : la romance au goût amer de Salomé Lelouch

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23 avril 2017. Coup de tonnerre pour les uns : l’extrême droite est au second tour de l’élection présidentielle. Coup de foudre pour les autres : Mado et Alexandre se sont rencontrés une heure avant les résultats. Ils ont parlé de tout sauf de politique. Mado a toujours voté à gauche. Elle ignore qu’elle vient de tomber amoureuse d’un militant d’extrême droite…

Lieu : Théâtre de la Pépinière
Ecriture et mise en scène: Salomé Lelouch 
Avec : Rachel Arditi, Ludivine de Chastenet, Thibaut de Montalembert, Bertrand Combe, Arnaud Pfieiffer


Brève de comptoir

Mado aime Alexandre, Alexandre aime Mado. Mais Mado est une bobo de la gauche bien-pensante et Alexandre un militant du Front national, lui-même membre de l’équipe de campagne de sa candidate. Sur le papier, le scénario ressemble à un plus ou moins bon feuilleton télévisé. La programmation habituelle du théâtre de la Pépinière aurait pu laisser croire que cette pièce sortirait des sentiers battus. Et quel dommage de la part de Salomé Lelouch d’avoir succombé au cliché « Roméo et Juliette », dans une pièce qui aurait pu être une réussite, quelques mois avant les prochaines présidentielles. Résultat, c’est une histoire sans fond et sans fin, une histoire d’amour assez creuse et dans laquelle le débat politique est presque dérangeant, tant il frôle la brève de comptoir (mais d’ailleurs, n’était-ce pas l’effet escompté puisque toute la pièce se passe dans un bar… ?). Alexandre cache à Mado ses sensibilités politiques, jusqu’à ce qu’elle le découvre par elle-même et se pose la question : puis-je aimer quelqu’un à l’encontre de mes convictions ? Bref, du Roméo et Juliette.

Le moment n’est pas désagréable car les comédiens sont bons, voire très bons. Ludivine de Chastenet (NDLR : que j’avais déjà adoré dans la comédie Sous les jupes) est excellente en gaucho-révolutionnaire et fait tout de même bien rire le public dans son débat contre un extrémiste borné et totalement cliché. Car heureusement, si le personnage d’Alexandre est tellement lissé qu’il en paraît agréable, celui de son meilleur ami, magistralement interprété par Bertrand Combe, arbore bien tous les traits du fasciste au discours abject.

En définitive, Politiquement correct a tout d’une comédie romantique mais rien d’une pièce à caractère politique. A part la fin, trop dramatique pour être vraie.   Une fin inadaptée à l’intégralité de la pièce, qui reste très légère. Cette pièce plaira donc à ceux qui veulent se détendre devant une histoire d’amour plus ou moins à l’eau de rose, mais moins aux amoureux de débats politiques.

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