La Peur de Zweig : un tourbillon d’angoisse au Théâtre Michel

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La Peur est une nouvelle de Stefan Zweig publiée dans les années 20. Irène, trentenaire bourgeoise mariée trompe son mari qui la délaisse. Très vite, Irène croise une jeune femme, la soi-disant femme de son amant, qui la poursuit et la fait chanter. Irène vit dans l’angoisse que son mari découvre sa liaison. 

Lieu : Théâtre Michel
Dates : jusqu’au 31 décembre
Mise en scène : Elodie Menant
Avec : Hélène DEGY, Aliocha ITOVICH, Ophélie MARSAUD


Jeu machiavélique

Avec la Peur, Zweig nous transporte au début du XXème siècle, au coeur de l’histoire d’Irène (Hélène Degy) et de son mari Fritz (Aliocha Itovitch), jeunes bourgeois qui semblent filer le parfait amour. Lui est avocat et passe ses journées sur de grosses affaires.

Elle, d’apparla_peur-hellotheatreence heureuse et comblée, entretient malgré tout une liaison avec un éminent musicien, Edouard, dans le but de combler la solitude dont elle est victime. C’est un mercredi, alors qu’elle sort de chez son amant, qu’Irène croise le diable : une femme, Elsa (Ophélie Marsaud), qui la menace de tout raconter à Fritz. Sa seule solution pour sauver son couple : coopérer avec Elsa et accepter toutes ses demandes (essentiellement de l’argent). Terrassée par la peur, Irène accepte de rentrer dans ce jeu machiavélique.

« La pièce décortique la chute lente et incontournable d’un couple dont la communication échoue, aspiré par la spirale infernale et angoissante du mensonge »

On est rapidement transporté par cette histoire d’une descente aux enfers. Mensonge, manipulation, trahison : la nouvelle de Zweig est bien plus qu’un simple adultère. Il nous plonge dans l’analyse psychologique de trois personnages : une Irène rongée par la peur et le remord, un Fritz manipulateur et une Elsa mystérieuse et perverse.

Un univers hitchcockien

Dans sa mise en scène, Elodie Menant raconte s’être inspirée de l’univers Hitchcockien. C’est une pièce dans laquelle la tension va crescendo, entraînant le spectateur dans le tourbillon des tourmentes d’Irène. Le décor lui, est mouvant et se transforme à mesure que les personnages dévoilent leurs multiples facettes. Dans une ambiance totalement années 50, les comédiens sont bluffants. Particulièrement Hélène Degy qui incarne le rôle d’Irène à la perfection, jusqu’à l’interprétation de la psychose. Question fatidique : doit-elle avouer ou faire perdurer son mensonge ? Peut-on vivre avec des remords ou mieux vaut-il mourir avec eux ? Irène devra faire un choix : chuter en choisissant la vérité ou survivre avec ses mensonges.

C’est une pièce psychologique dans laquelle le suspense reste palpable, les scènes s’enchaînent et font monter une tension dans la salle jusqu’à la scène finale, coup de théâtre pour ceux qui ne connaissaient pas le texte de Zweig. Un spectacle sombre et machiavélique qui vaut le détour.

 

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