Edmond : Alexis Michalik fait encore des merveilles

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Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes.


Dans les coulisses d’un chef d’oeuvre

Il était tant attendu, le retour d’Alexis Michalik sur les scènes parisiennes. Après avoir été primé de deux Molières pour  Le Porteur d’Histoire et pour le Cercle des Illusionnistes, on se demandait comment le prodigieux Michalik allait bien pouvoir faire mieux. Le conteur d’histoire préféré des théâtrophiles a brillamment réussi son coup avec Edmond, une pièce originale qui raconte la genèse de Cyrano de Bergerac. Une sublime mise en abîme et un plongeon dans les coulisses de l’écriture d’un chef d’oeuvre de la littérature.

« Pardonnez-moi, mon ami, de vous avoir entraîné dans cette désastreuse aventure »
Edmond Rostand à Constant Coquelin, le 27 décembre 1897.

Edmond Rostand (merveilleusement interprété par Guillaume Sentou) a seulement 29 ans, en 1897, lorsqu’il entreprend l’écriture de Cyrano de Bergerac. Rostand ne connaît pas la gloire, sa dernière pièce, La Princesse Lointaine, est loin d’avoir conquis le public malgré le soutien sans faille de Sarah-Bernhardt (Valérie Vogt). Pendant ce temps, les boulevards de Feydeau et Courteline font fureur : Le Dindon fait salle comble. Presque par miracle, Constant Coquelin (Pierre Forest), alors directeur du Théâtre de la Porte Saint-Martin, commande à Edmond Rostand une pièce qui devra absolument être un succès. L’auteur n’a pas le choix, il doit conquérir son public au risque de finir dans le registre des auteurs inconnus. En un temps record, quelques semaines, il doit écrire une pièce en trois actes (Cyrano en fera en fait cinq). Personne n’y croit, mais Edmond a de l’inspiration : ce sera une histoire d’amour héroïque, bien sûr en vers, et dont l’Histoire se souviendra.

Susciter l’imagination, provoquer l’illusion 

Dans le théâtre d’Alexis Michalik, il n’y a pas de têtes d’affiche, et le casting n’en est que meilleur. Comme à son habitude, l’auteur et metteur en scène donne à ses comédiens de multiples rôles (excepté Guillaume Sentou qui n’a « que » le rôle d’Edmond Rostand et Pierre Forest celui de Coquelin). Ce jeu de jonglage entre les rôles est bluffant : d’une scène à l’autre, Courteline (Régis Vallée) devient le fils Coquelin, Feydeau (Nicolas Lumbreras) devient Tchekhov ou Maurice Ravel. Et on n’y voit que du feu. C’est là toute la magie des textes et mises en scène d’Alexis Michalik : susciter l’imagination, provoquer l’illusion. Les douze comédiens sont excellents, la pièce avance avec un rythme soutenu, sans jamais perdre ses spectateurs, et toujours avec humour. 

Le 27 décembre 1897, la première de Cyrano de Bergerac au Théâtre de la Porte Saint-Martin est un triomphe : pas moins de 40 rappels. Au théâtre du Palais Royal en septembre 2016, c’est une standing ovation pour Edmond, et une envie certainement partagée par tout le public : celle de relire Cyrano de Bergerac. Pari réussi, M. Michalik.

Lieu : Théâtre du Palais Royal
Dates : à partir du 15 septembre
Auteur et metteur en scène : Alexis Michalik
Avec : Guillaume Sentou, Anna Mihalcea, Christian Mulot, Christine Bonnard, Jean-Michel Martial, Kévin Garnichat, Nicolas Lumbreras, Pierre Benezit, Pierre Forest Régis Vallee, Stéphanie Caillol, Valérie Vogt

Teaser de la pièce

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